Co-éducation, la relation enseignants/familles à l’épreuve de l’enseignement à distance

J’écris ce billet au moment du confinement.

Pour poursuivre la relation éducative et pédagogique, il a été demandé aux enseignants d’être en lien direct avec les familles (les parents et les élèves) afin de veiller à ce qu’aucun ne décroche. Un exercice pas toujours aisé et où les échanges téléphoniques vont souvent plus loin qu’une simple prise de nouvelles ou de demandes de conseils pédagogiques. Le fait d’appeler les familles c’est mettre en avant la relation éducative, pas toujours les apprentissages, en fonction du contexte.

Il faut l’avouer, ce pas toujours facile d’appeler des parents ! 

Voici quelques idées pour des échanges téléphoniques bienveillants, grâce à la CNV (Communication non violente)

1/ Je me prépare avant de décrocher mon téléphone :

  • Dans quel état d’esprit je suis ? Je vais mettre de côté les représentations et jugements que j’ai sur l’élève et sa famille.
  • Quelles sont mes émotions ? Si j’ai enchaîné plusieurs appels, je suis fatiguée, je fais une pause avant d’appeler. L’écoute téléphonique tout comme la visio-conférence, c’est fatigant !
  • Suis-je prête à accueillir ce que la famille va me dire ? Le confinement est vécu de manières différentes en fonction des familles, le coup de téléphone reçu peut être la seule occasion pour un parent, seul avec ses enfants, de parler à un adulte. Il faut donc être prêt à entendre des propos pas toujours en lien avec les apprentissages.
  • En appelant, quelles sont mes intentions ? Je peux les poser par écrit avant d’appeler.

2/ Par téléphone, je suis avant tout à l’écoute de ce que l’autre me dit :

  • Parfois de ce que je n’imaginais pas : pas de connexion internet à la maison, des soucis économiques, des soucis éducatifs, des soucis de santé …
  • Dans une écoute empathique : je rebondis sur les émotions exprimés, j’écoute les questions et les prends en considération, sans essayer de convaincre, de défendre, de m’opposer ni de donner des conseils non sollicités. (Voir le tableau des attitudes d’écoute de Porter : Les 6 attitudes de communication PORTER )
  • En écoutant, je permets à l’élève ou aux parents de trouver leurs propres ressources pour surmonter cette période de « classe à la maison ».

3/ Je m’exprime :

  • En employant le JE : « je suis inquiète parce que je n’avais pas de nouvelles, pas reçu les travaux de … » , « J’appelle pour savoir comment se sent …. pendant cette période » …
  • J’essaie d’être très explicite en n’employant pas le vocabulaire de ma tribu (éducation nationale), de jargon professionnel mais en étant le plus clair possible et en m’assurant que les messages sont compris. Dans les échanges téléphoniques, encore plus qu’en présentiel, les incompréhensions sont fréquentes … 😉
  • Je les informe de ma disponibilité en cas de difficulté ou de besoin d’échanger. Comme je ne donne pas mon numéro de téléphone personnel, je leur demande de m’envoyer un mail pour toute demande et je les assure de les rappeler dès que possible.

Et je raccroche !

Une proximité se crée avec les familles, la co-éducation est renforcée. Le téléphone permet de garder le lien et d’assurer de ma présence indéfectible.

La relation avec un enseignant qui se soucie personnellement de lui, permet à l’élève de trouver des leviers pour persévérer.

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